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Kleber Haedens : ‘‘intraitables’’, nous serons !

Article publié le 30 avril 2009

Philippe Juvin présidait dimanche 26 avril une cérémonie du souvenir à l’occasion de la journée nationale de la déportation. Il a souligné qu’il était de notre devoir collectif d’être ‘‘intraitables’’ vis-à-vis de tout ce qui pourrait permettre une nouvelle forme de Shoah.

Comment cette barbarie a t-elle été possible en France, le pays des Lumières, le berceau de la démocratie, s’est-il interrogé. Comment notre pays a t-il pu laisser se produire cette ignominie, voire collaborer à travers son administration, sa police ? Et si l’impensable s’est produit une fois, pourquoi ne pas imaginer que cela puisse recommencer ?
Il est légitime, et sain, de se poser cette question. Mais il nous semble qu’on puisse lui apporter une réponse autrement plus satisfaisante qu’un simple constat du type ‘l’impensable s’est produit’.
Présenter la Shoah comme une abomination incompréhensible relève de la mystification, voire de l’insulte à l’histoire. La Shoah a été rendue possible par la banalisation d’une idéologie nationaliste xénophobe et violemment antisémite, alimentée par une intelligentsia et largement diffusée par la presse d’extrême-droite.
Cette intelligentsia méprisait les philosophes des Lumières, coupables selon elle d’avoir imaginé les principes décadents de la République et de la démocratie. Elle avait pour maîtres à penser Léon Daudet et Charles Maurras. Elle déversait des torrents de haine dans des périodiques tels que l’Action Française, l’Insurgé ou bien encore Je Suis Partout.
Kleber Haedens, qui vient, selon le vœu très personnel de Philippe Juvin, de donner son nom à notre nouveau collège, faisait partie des intellectuels qui collaboraient à ces périodiques. C’était, à n’en pas douter un choix politique. Haedens a écrit dans l’Action Française à une époque où, pour faire partie de la rédaction, il fallait faire profession de foi d’antisémitisme ; il était d’ailleurs, sous l’occupation, le secrétaire particulier de Charles Maurras. Il était l’un des principaux rédacteurs de l’Insurgé, le journal pro-mussolinien financé par la Cagoule. Il a écrit dans Je Suis Partout à une période où ce dernier « rivalisait de racisme avec les publications nazies », comme le mentionne wikipedia, faisant notamment allusion à deux numéros spéciaux parus en 1938 et 1939 : « Les juifs » et « Les Juifs et la France ».
Kleber Haedens n’a jamais remis en cause ses positions politiques. Comme Drieu La Rochelle, il ne s’est jamais renié. Cela aurait sans doute manqué d’élégance (1). Après-guerre, il fait partie du petit groupe d’irréductibles qui aide Maurras à publier depuis sa prison à travers une nouvelle revue, Aspects de la France. Dans la même revue, on trouvait encore, au début des années 60, des articles sur ‘la question juive’, signés Henri Massis ou Xavier Vallat.
C’est sans doute cette constance qui vaut à Haedens d’être, aujourd’hui encore, un des auteurs de référence de l’Action Française et plus généralement de l’extrême-droite. Laquelle s’est, dans une touchante unanimité, réjouie de l’ ‘‘effort de mémoire’’ entrepris par Philippe Juvin à son égard.
Mais comment peut-on conjuguer devoir de mémoire (au sens où on l’entend habituellement), et ‘‘effort de mémoire’’ envers un individu aussi peu intellectuellement fréquentable que Kleber Haedens ?
Il faut, effectivement, être intraitable et extrêmement vigilant vis-à-vis de tout ce qui pourrait favoriser le retour d’idéologies xénophobes et antisémites. La moindre des choses, nous semble t-il, est d’éviter de rendre hommage à un écrivain dont le nom est indissociablement lié à la presse nationaliste et fascisante des heures les plus sombres de notre histoire.


(1) allusion à un extrait de Une Histoire de la Littérature Française, de Kleber Haedens, à propos de Drieu La Rochelle : « pendant l’hiver 1940, il s’engagea dans la politique de collaboration avec l’Allemagne, et lorsqu’il put mesurer l’étendue de son erreur, il eut assez d’élégance pour ne pas se renier».

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